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Faut-il avoir peur du Furosémide ?

par Mutuelle.fr

Faut-il avoir peur du Furosémide ?

Samedi soir, un nonagénaire marseillais serait décédé après avoir pris pendant plusieurs jours du Furosémide 40 mg, médicament fabriqué par le laboratoire Teva. Les cachets à l’origine de sa mort proviendraient d’un lot défectueux de Furosémide, 95 000 boîtes (soit deux lots) de celui-ci étant en effet soupçonnées, après enquête du laboratoire, d’avoir contenu par erreur des somnifères. Après la découverte, chez la victime, d’emballages entamés provenant de l’un de ces deux lots défaillants, une enquête a alors immédiatement été ouverte. « Une autopsie sera pratiquée(…) ainsi que des examens toxicologiques, afin de déterminer les liens de causalité entre le décès et la prise des médicaments, un lien qui pour l'instant n'est pas établi », a expliqué le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest.

Diurétique générique, le Furosémide, comme d’autres remèdes du même type, est en général prescrit pour traiter la rétention d'eau et certaines pathologies des poumons, des reins ou du foie. Egalement utilisé pour soigner l’hypertension, il agit en éliminant le surplus d’eau retenu dans l’organisme (qui peut provoquer des œdèmes),  grâce à l’augmentation du volume d'urine produite et évacuée. Selon l'ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament), l’arrêt total de ce type de traitement peut présenter des risques avérés, qui plus est chez les personnes âgées possédant un organisme très sensible.

Alerté par un pharmacien, dont une patiente « avait constaté des effets de somnolence inhabituels », ainsi que par la découverte de somnifères dans certains emballages de Furosémide 40, le laboratoire Teva a rapidement enclenché sa procédure de rappel des boîtes concernées.  

Marisol Touraine a déclaré que l’ANSM allait ouvrir une enquête, dès ce lundi 10 juin, au sein même de l'usine de conditionnement du laboratoire Teva. La ministre de la santé s’est montrée prudente en indiquant qu’il n’y avait « pas pour l'instant d'élément qui permette d'établir ou non un lien de cause à effet » entre cette erreur de distribution et le décès. Elle est également apparue rassurante, garantissant qu’une fois l’alerte donnée, la « chaîne d'alerte mise en place a bien fonctionné. Tous les lots concernés ont été retirés du marché dès vendredi après-midi ». Un porte-parole de l’agence a enfin confirmé que les inspecteurs « resteront le temps nécessaire pour trouver l'origine du problème ».

Evelyne Falp directrice de l'évaluation et de la surveillance du risque à l'ANSM a quant à elle  annoncé attendre « les résultats (...) pour comprendre comment une pareille erreur, qui reste fort heureusement exceptionnelle, a pu être faite ». Erick Roche, président des laboratoires Teva en France, a affirmé que le problème était limité à moins de « quelques centaines » de boîtes. Il a également souligné que le laboratoire allait étudier toutes les possibilités afin de comprendre comment une telle erreur avait pu être commise. « Nous n’excluons aucune piste car ces deux médicaments ont été conditionnés sur des lignes différentes et à plusieurs semaines d'intervalle, nous n'avons à l'heure où je vous parle trouvé aucune raison industrielle à cette erreur ».

 

Ce que vous devez faire si vous êtes concerné

Les deux lots en question sont le Y175 (date d'expiration : 08/2015) et Y176 (date d'expiration : 08/2015). L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament a indiqué que les patients traités par du Furosémide Teva 40 mg portant ces numéros de lots sont invités à « rapporter leurs boîtes dès le samedi 8 juin à leur pharmacien, qui leur remettra une nouvelle boîte de traitement ».

Enfin, voici le numéro vert destiné aux personnes traitées avec ce diurétique : 0800 51 34 11.

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