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Dépister une angine ou une grippe chez le pharmacien sera bientôt possible

par Mutuelle.fr

Dépister une angine ou une grippe chez le pharmacien sera bientôt possible

Les pharmaciens vont pouvoir pratiquer certains tests biologiques directement dans leurs officines.

Vous avez mal à la gorge ? Vous vous demandez s’il s’agit d’une angine bactérienne nécessitant des antibiotiques, ou d’une simple angine virale ? Si vous le souhaitez, vous pourrez bientôt bénéficier d’un avis médical en pharmacie. En effet, un arrêté publié au Journal Officiel le 11 juin autorise désormais les pharmaciens à réaliser trois tests, permettant de dépister les angines bactériennes, la grippe et de contrôler la glycémie.

L’évaluation de la glycémie par test capillaire, permettant de connaître le taux de sucre dans le sang, n’est pas une nouveauté pour les pharmaciens. En effet, ils pouvaient déjà le proposer aux patients lors de campagnes de dépistage du diabète, ou pour les former à l’utilisation des autotests. En revanche, le « test oro-pharyngé d'orientation diagnostique des angines à streptocoque du groupe A » ainsi que le « test naso-pharyngé d'orientation diagnostique de la grippe » sont des nouveautés. Traditionnellement destinés aux médecins, leur accès aux pharmaciens prête à discussion.

Pour Philippe Gaertner, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, dépister l'angine bactérienne serait le moyen de toucher les personnes qui  « entrent dans le circuit de soin par la pharmacie ». « En cas de résultat positif, le patient sera réorienté vers un médecin. Cela va dans le sens de la loi Hôpital, patients, santé et territoires, qui renforce la mission de prévention et de dépistage du pharmacien », déclare-t-il.  Claude Leicher, président du syndicat de généralistes MG France, se montre plus réticent. « Si le test est positif, il faut des antibiotiques, donc il faut quand même aller chez le médecin. Si le test est négatif, on n'est jamais certain qu'il n'y a pas de streptocoques. Dans les deux cas, il faut donc un avis médical. Je ne sais donc pas très bien si ce pré-diagnostic a un intérêt en termes de santé », a-t-il estimé.

Concernant le dépistage de la grippe, les avis divergent également. Le Docteur Leicher y trouve « beaucoup de risques pour le pharmacien ». Pour ce dernier,  même si le test écarte la maladie, il ne sera par la suite pas possible d’identifier une éventuelle pathologie respiratoire plus grave sans une consultation médicale. Or, une complication de syndrome respiratoire mal traité a « un potentiel évolutif extrêmement sévère », met-il en garde. Philippe Gaertner ne se montre pas aussi alarmiste et estime que ce test sera utilisé dans des circonstances très particulières. « À mon sens, les autorités n'ont pas la volonté de multiplier ce test dans le cadre de la grippe saisonnière », déclare-t-il. « Je pense plutôt qu'ils ont voulu permettre au pharmacien d'être un acteur supplémentaire de dépistage en cas de pandémie ».

Outre ces avis divergents, la mise en place de ces nouveaux services reste assez abstraite, les modalités (telle la prise en charge financière), n'ayant pas encore été déterminées. Seule certitude, les pharmaciens qui voudront proposer ces tests auront l’obligation de mettre en place un « espace de confidentialité » adjacent à l'officine, afin de garantir le respect du secret médical.

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