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Nouvelle avancée dans la médecine : le bistouri intelligent

par Mutuelle.fr

Nouvelle avancée dans la médecine : le bistouri intelligent

L’invention d’un nouveau type de bistouri électronique pourrait révolutionner les actes chirurgicaux.

Les chercheurs l’ont baptisé l’« iKnife ». Une équipe de scientifiques hongrois et britanniques vient de mettre au point un bistouri électronique, doté de la faculté de différencier les tumeurs cancéreuses des tissus sains en temps réel lors d’une opération.

En effet, cet outil intelligent, dont les propriétés ont été présentées dans la revue Science Translational Medicine, parvient instantanément à détecter la nature des tissus qu’il découpe. Traversée par un courant électrique chauffant les tissus incisés, la vapeur provoquée est analysée par un spectromètre de masse, relié au bistouri. En trois secondes, l’appareil va décoder la composition moléculaire des tissus et la comparer à 3000 références stockées dans une base de données.

Trois établissements hongrois ont pu tester, sur plus de 80 patients opérés, l’efficacité du « iKnife ». Les résultats sont exceptionnels : dans 100 % des cas, le nouveau dispositif a discerné les tissus sains des tissus cancéreux. Actuellement, la technique employée consiste à faire parvenir des fragments en laboratoire, pendant l’opération, afin de vérifier si l’ensemble de la tumeur a bien été sectionnée. Celle-ci est également fiable à 100 %, mais présente différents inconvénients : 30 minutes d’attente sont nécessaires pour obtenir le résultat des analyses, et elle oblige parfois les chirurgiens à inciser plus large que nécessaire, pour être certain d’avoir retiré tous les tissus néfastes.  A l’inverse, l’étude montre que le « diagnostic de l'iKnife est particulièrement précis », et que son utilisation peut même  « influencer la prise de décision en cours d'opération ». Zoltan Takats, co-auteur de l'étude, chercheur à l'Imperial College London souligne que l’ensemble des scientifiques espère « également que cette technologie permettra d'abaisser le taux de récurrence locale d'une tumeur, qui peut atteindre jusqu'à 30 % dans le cas des cancers du sein ». En effet, pour lui, la technologie actuellement utilisée présente le risque de laisser des cellules cancéreuses dans l’organisme et donc la probabilité d’imposer plus tard au patient une chimiothérapie, une radiothérapie, voire une nouvelle opération.

Le corps médical accueille de façon assez enthousiaste ce nouvel outil. Stephanie Bernik, chef du département de chirurgie oncologique à l'hôpital Lenox Hill de New York, déclare que cette étude est  « impressionnante » et qu’il faut « tester cet outil à plus grande échelle mais au vu des premiers résultats, c'est très intéressant ». Le Docteur Len Lichtenfeld, médecin chef adjoint à la Société américaine du cancer, se montre intéressé mais veut rester prudent. « La question que tout le monde va se poser, c'est : est-ce applicable à la pratique quotidienne ? C'est possible, mais il leur reste encore beaucoup de travail à faire. Il faut notamment prouver que cet outil va vraiment améliorer les soins apportés au patient et ne pas être plus coûteux pour le système de santé en général ».

Tout établissement qui voudrait en faire l’acquisition devra dépenser environ 300 000 euros, les spécialistes estimant qu’un tel investissement serait vite rentabilisé par la réduction du temps passé au bloc et des récidives. De nouveaux tests devront encore être effectués pour que cet « iKnife » commence à être commercialisé, les protagonistes du projet misant sur l’aboutissement d’une demande d’homologation d’ici deux à trois ans. 

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