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Mieux utiliser Internet pour prévenir les dangers des médicaments

par Mutuelle.fr

Mieux utiliser Internet pour prévenir les dangers des médicaments

La participation des particuliers va devenir de plus en plus importante dans le circuit de pharmacovigilance français

Depuis quelques années, le système français de pharmacovigilance est mis à mal, comme l’en attestent différentes affaires et notamment celle du Médiator. Devant la multiplication de ces scandales sanitaires et le trop peu d’informations relayées par les professionnels de santé, il apparaît de plus en plus judicieux de prendre en compte l’avis des patients, qui sont de fait aptes à déceler les effets indésirables d’une molécule. De plus, sur Internet, les forums spécialisés et les moteurs de recherche deviennent incontournables, tant ils regorgent de données à étudier.

Des chercheurs américains ont voulu analyser l’intérêt de cette démarche, en étudiant les requêtes tapées, sur les moteurs de recherche Google, Bing et Yahoo!, de six millions d’internautes. Leurs conclusions, parues en janvier dernier dans le Journal of the American Medical Informatics Association, montrent qu’il devient primordial d’accorder du crédit à de telles sources de renseignements.
« En termes de santé publique, il peut être vraiment bénéfique de prêter attention à ces signaux et de les associer à d'autres sources d'informations pour accélérer la création d'une pharmacovigilance fiable », concluent les auteurs de l’étude, qui travaillent à l’université de Stanford et au centre de recherche Microsoft, en Californie.

En France, le rapport sur la pharmacovigilance proposé récemment à l'Académie de médecine, recommande de surveiller les forums Internet à thématique santé. Pour le Professeur Jean-Louis Montastruc (coauteur du dossier), il y a un véritable intérêt à étudier les messages postés par les particuliers sur ces plateformes, même s’il faut les appréhender avec  précaution. « Le problème, c'est qu'il y a beaucoup de faux positifs : les gens peuvent rapporter des troubles causés non pas par le traitement mais par la maladie. Il faut donc avoir conscience qu'il s'agit uniquement de signaux précoces, à confirmer ensuite par les moyens traditionnels : étude de dossiers médicaux, tests en laboratoire », commente le pharmacologue toulousain. La directrice de la surveillance de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), Evelyne Falip, confirme également les effets positifs de la prise en compte des avis des particuliers. « Les patients ne déclarent pas les mêmes effets indésirables que les professionnels de santé. Ils parlent davantage de ce qui affecte leur qualité de vie, alors que les médecins se concentrent sur les cas graves », précise-t-elle.

Depuis 2011, un décret permet aux particuliers de déclarer eux-mêmes, grâce à un formulaire en ligne, des effets secondaires à l'ANSM. Pourtant, ces signalements restent marginaux dans l’ensemble des retours enregistrés (moins de 4% en 2012). Pour diversifier ses sources et permettre un meilleur relais des observations des particuliers, l’agence va dans quelques semaines lancer son propre programme d'analyse des forums médicaux, en partenariat avec l'Inserm.

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