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Vers un dépistage plus précoce du cancer de l’ovaire

par Mutuelle.fr

Vers un dépistage plus précoce du cancer de l’ovaire

Grâce à différentes recherches scientifiques, le cancer de l’ovaire pourrait être dépistable plus tôt.

Difficilement diagnostiquable ou détecté trop tardivement (il ne présente que très peu de symptômes), le cancer des ovaires pourrait être guéri huit fois sur dix s’il était repéré à temps. Des équipes de scientifiques américaines et anglaises ont ainsi récemment essayé de mettre au point un test sanguin pour dépister de façon précoce cette maladie. Ce dispositif est basé sur la molécule CA-125, témoin reconnu de la présence d’un cancer des ovaires et dont la concentration dans le sang peut être quantifiée afin d’évaluer l’évolution de la tumeur.

Les espoirs portés dans cette nouvelle technique sont encore fragiles. En effet, elle se base sur une molécule très complexe qui pourrait rendre des dépistages faussement positifs. Malgré cela, les chercheurs espèrent vraiment faire chuter le taux de mortalité des patientes. « 90 % des cancers ovariens peuvent être guéris s'ils sont pris à temps. Mais aujourd'hui, dans 75 % des cas, on le repère encore trop tard », déplore Karen Lu, protagoniste de l'étude, dans une déclaration du Centre Anderson pour le cancer au Texas. C’est d’ailleurs cette constatation qui a motivé ses recherches, qui seront publiées fin septembre dans la revue médicale Cancer. Il y a onze ans, cette spécialiste a pu proposer un premier dépistage de la maladie. 4 000 femmes âgées de 50 à 74 ans ont alors été contrôlées grâce à une prise de sang évaluant la proportion de CA-125 dans le sang. Suivant le résultat, les patientes étaient classées selon trois groupes : faible risque, risque intermédiaire et cas les plus avancés. Les deux premiers groupes se sont ensuite respectivement représentés un an et trois mois plus tard pour de nouveaux tests. Tous les ans, 5,8 % de ces femmes avaient des taux de CA-125 un peu plus hauts et rejoigna ient donc le deuxième groupe. Enfin, 0,9 % passaient dans le dernier groupe et prenaient part à la deuxième phase du dépistage : l'échographie. L’équipe de recherche de l’Université du Texas met en avant les premiers résultats : uniquement 0,1 % des patientes ont subi un faux diagnostic. De plus, sur les 85 femmes du groupe le plus à risque, seulement dix ont dû recourir à une intervention chirurgicale, les 75 autres cancers ayant été détectés assez tôt pour être soignés sans chirurgie.

Ces résultats sont pourtant à prendre avec prudence, notamment parce que cette étude s’est basée sur un biomarqueur unique mais aussi sur une faible population (85 cancers sur les 4000 femmes de l’essai). « La concentration de CA-125 est très variable d'une personne à l'autre, et peut même dépendre de situations particulières vécues par les patientes », commente Fatima Mechta Grigoriou, directeur de recherche à l'Inserm. Elle ajoute que « les chercheurs peinent à identifier une stricte corrélation entre la concentration de CA-125 et la taille de la tumeur », alors que c’est ce type de corrélation qui pourrait permettre un dépistage vraiment efficace.

L'équipe de scientifiques dirigée par le Professeur Karen Lu a déjà mis en place les essais d’un autre protocole de recherche : étudier quatre tests sanguins, dont un basé sur le CA-125. En exploitant le résultat de plusieurs biomarqueurs, les spécialistes pensent en effet pouvoir améliorer la fiabilité des diagnostics. Enfin, pour pouvoir tirer plus de conclusions, ils attendent également les résultats d’une enquête similaire menée au Royaume-Uni etbasée sur les tests sanguins de 20 000 patientes.

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