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Vente des tests de grossesse : polémiques sur la fin du monopole des pharmacies

par Mutuelle.fr

Vente des tests de grossesse : polémiques sur la fin du monopole des pharmacies

Jusqu’à maintenant, seules les pharmacies pouvaient distribuer les tests de grossesse mais un amendement au projet de loi Hamon sur la consommation prévoit de casser ce monopole en permettant aux grandes surfaces de les commercialiser. Ce projet a immédiatement suscité la colère des syndicats de pharmaciens qui n’entendent pas concéder ce monopole représentant plus de 37 millions d’euros de chiffre d’affaires par an.

Benoît Hamon,  ministre délégué à l'Economie sociale et solidaire et à la Consommation a annoncé mardi 11 septembre que le gouvernement s’apprêtait à rendre un "avis favorable" sur l’amendement relatif à l’ouverture de la vente des tests de grossesse en grandes surfaces. « Une telle mesure pourrait permettre de faire baisser considérablement les tarifs » de ces tests estime-t-il. Najat Vallaud-Belkacem, la ministre des droits des femmes et porte-parole du gouvernement, s’est également prononcée en faveur de cette mesure en soutenant que permettre aux supermarchés et hypermarchés de vendre ces tests de grossesse permettrait de faire baisser leur prix jugé très élevés et discriminatoires pour un grand nombre de femmes n’ayant pas les moyens de s’en procurer. Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du planning familial, reconnait quant à elle que ce projet permettrait non seulement  « d’améliorer l'accessibilité de ces tests en termes de lieux et de coûts » mais participerait également à « l'autonomie des femmes dans la maîtrise de la fécondité ». Le planning familial tout comme la ministre des droits de la femme rappellent cependant que cette mesure devra être accompagnée d’un renforcement de l’information relative à l’utilisation et au fonctionnement de ces tests.

Les pharmaciens en colère

Les syndicats de pharmaciens utilisent justement cette notion d’information, de conseil et d’écoute, comme argument contre l’amendement et se défendent d’invoquer la raison économique. Selon Philippe Gaertne, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques, « Si le produit est cherché en grande surface, les choses seront complètement différentes ». Il invoque notamment le risque que les femmes se tournent directement  vers le test de grossesse plutôt que vers la prise de conseils en pharmacie. Or, un pharmacien les orienterait d’abord vers la pilule du lendemain afin d’éviter le risque de grossesse non désirée. Gilles Bonnefond, président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO) dénonce quant à lui « le lobbying des grandes surfaces pour entrer dans le système de santé et récupérer des parts de marchés ». 

Si les pharmaciens, qui n’ont pas encore digéré l’autorisation de la vente de médicaments sur Internet, ne décolèrent pas, lUFC Que Choisir s’est quant à elle prononcée en faveur de l’amendement. L’association de consommateurs regrette cependant que le Gouvernement n’étende pas cette mesure sur l'ensemble du secteur des médicaments en auto-prescription.

 

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