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Grippe A : la facture s’alourdit encore

par Mutuelle.fr

Grippe A : la facture s’alourdit encore

Le 20 octobre 2009 était lancée par le ministère de la Santé une vaste campagne de vaccination pour faire face à l’épidémie de grippe A/H1N1, qui avait engendré la mort de deux personnes l’été précédent. Des moyens colossaux avaient alors été mis en place par le pouvoir (94 millions de doses commandées, pour une dépense officielle de 675 millions d'euros). Ces manœuvres avaient suscité une forte polémique, d’autant plus que moins de 10 % des français s’étaient rendus aux centres d’injection mis en place pour se faire vacciner.

Quatre ans après, la controverse de ce « fiasco » sanitaire et financier, loin d’être éteinte, revient sur le devant de la scène médiatique. Et pour cause : depuis l’année 2009, les pouvoirs publics auraient indemnisé six victimes de narcolepsie-cataplexie (maladie du sommeil entraînant des endormissements brutaux ou de brusques relâchements du tonus musculaire), causée par la prise du vaccin contre le virus de la grippe H1N1, ceci pour un total de  48 000 euros par plaignant. Et ces dépenses pourraient se multiplier dans les prochains mois.

Eric Rance, directeur de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam) explique la situation : « les montants sont déterminés en fonction de la situation des demandeurs. (...) Ce ne sont que des offres partielles en l'attente de l'évolution de santé des victimes, souvent jeunes ». Ainsi, il est possible qu’en moyenne, les compensations financières atteignent les 200 000 voire les 300 000 euros. Enfin, 15 autres dossiers de nouveaux plaignants ont été renvoyés en expertise. Si un lien était à nouveau fait entre la prise du sérum et la pathologie, la facture totale pourrait excéder les deux millions d'euros.

Récemment, différentes études européennes ont montré l’augmentation du risque de narcolepsie chez la population ayant reçu le vaccin. Une enquête du centre « Maladies rares narcolepsie » a notamment prouvé que la prise des vaccins basés sur les sérums Pandemrix (laboratoire GSK) et Panenza (laboratoire Sanofi-Pasteur) multipliait par 4,7 le risque de contracter une maladie du sommeil chez l'adulte et par 6,5 chez l'enfant de moins de 18 ans. Ainsi, lors de la campagne, 4,1 millions de personnes ont été vaccinées avec le sérum Pandemrix et 1,6 million avec le vaccin Panenza, destiné aux femmes enceintes, aux personnes immunodéprimées et aux nourrissons.

Dans son dernier bilan, l’Agence du médicament (ANSM) fait état de 61 cas de narcolepsie identifiés en France, dont 56 chez des personnes vaccinées par le Pandemrix, 3 par le Panenza et 2 par des vaccins antigrippaux non identifiés à ce jour.

 

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