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Contraception gratuite pour les jeunes soulève la polémique

par Mutuelle.fr

Contraception gratuite pour les jeunes soulève la polémique

Jeannette Bougrab, secrétaire d'Etat à la Jeunesse, plaide en faveur de la gratuité de la contraception pour les mineurs. L'argument avancé est de diminuer les grossesses précoces. Le rapport faisant état de ce projet demande à la Sécurité Sociale et aux laboratoires pharmaceutiques d'effectuer un effort commun afin de permettre aux jeunes d'accéder gratuitement aux moyens de contraception.

Mme Bougrab souligne qu’aujourd’hui, « la contraception d’urgence est gratuite et anonyme » et déplore que cela ne soit pas le cas pour la contraception régulière. Le rapport rappelle par ailleurs que la gratuité et l’anonymat ne sont accessibles que dans les centres de planification. Or, ces centres sont quasi inexistants dans les zones rurales, de plus, leurs horaires sont inadaptés à ceux des lycéens. Les auteurs du rapport préconisent ainsi un forfait « contraception pour mineurs » que pourraient proposer les laboratoires et qui serait remboursé aux pharmaciens directement, à hauteur de 7 € par mois. Le dispositif serait complété par une feuille de soin anonyme.

Selon la secrétaire d’Etat à la Jeunesse, des laboratoires seraient déjà intéressés et prêts à soutenir le projet. Le ministère de la Santé juge cependant qu’une loi n’est pas nécessaire. En outre, les ARS (Agences Régionales de santé) ont déjà reçu pour ordre d’améliorer le rôle du planning familial et des centres de planification afin de mieux accompagner les jeunes confrontés aux grossesses précoces.

Les auteurs du rapport expriment également leur volonté non seulement d’améliorer l’éducation à la sexualité mais aussi de taxer les sites internet à contenu pornographique. L’objectif final est bien de combattre les grossesses non souhaitées chez les jeunes et ainsi de diminuer le nombre d’avortements sur cette population. L’étude souligne que le nombre d’IVG n’a en effet cessé de progresser depuis plusieurs décennies en passant de 8 700 en 1990 à 12 000 en 2009.

Nathalie Bajos, chercheuse a l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale), vient quelque peu nuancer ces chiffres. Selon elle, ce n’est pas le nombre d’avortements qu’il faut regarder mais le taux d’avortement. Ce dernier est en effet passé de 0.9% en 2001 à 1.12% en 2006 puis à 1.04% en 2009, la tendance n’est donc pas à la hausse.

Nathalie Bajos juge nécessaire l’amélioration de l’accès à la contraception pour les mineurs. Elle ne conforte cependant pas l’idée qu’une augmentation de la communication sur la sexualité des jeunes et sur l’avortement soit réellement  efficace pour enrayer le nombre de grossesses non prévues.

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