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Du nouveau dans les pharmacies ! La vente de médicaments à l'unité

par Mutuelle.fr

Du nouveau dans les pharmacies ! La vente de médicaments à l'unité

Il y a bientôt un an, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, lançait le pari ambitieux de la vente de médicaments à l’unité. L’objectif étant de faire des économies pour la Sécurité sociale, de lutter contre une surconsommation et/ou une utilisation dangereuse des médicaments et de limiter la pollution par les médicaments dans notre environnement. Le 22 août dernier, ce pari s’est matérialisé par l’appel lancé par 4 régions aux pharmaciens afin qu’ils se portent volontaires pour expérimenter la vente à l’unité de certains antibiotiques.

Comment ça marche ?

Ce sont les Agences Régionales de Santé (ARS) d’Ile-de-France, de Provence-Alpes-Côte d’Azur, de Lorraine et du Limousin qui ont lancé cet appel à candidature, qui semblent d’ores et déjà avoir reçu « quelques réponses ». Ce test, d’une durée de trois ans, s’effectuera dans 100 pharmacies. 25 pharmacies dites « témoins » se verront gratifiées d’une somme pouvant aller jusqu’à 300 euros pour continuer de délivrer des boîtes, tandis que 75 autres appelées « expérimentatrices » auront la mission de proposer seulement le nombre de comprimés nécessaires au traitement prescrit par le médecin et ce, pour 1500 euros maximum. Ces comprimés seront placés dans des sachets accompagnés d’une fiche indiquant le nom et la date de péremption du médicament. Enfin, les patients devront remplir un formulaire afin de signifier leur accord.

Dans quel but ?

A la suite de cette expérimentation, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) évaluera la situation pour décider de généraliser ou non la vente de médicaments à l’unité. En effet, l’un des objectifs visés par cette expérience est de modifier les comportements des patients en matière de consommation d’antibiotiques. Un gâchis dont l’éradication permettrait, selon les espérances du gouvernement, d’économiser 100 millions d'euros environ sur 22 000 officines. Il s’avère effectivement, selon Marisol Touraine, qu’« un médicament sur deux n'est pas consommé" et que chaque Français conserverait chez lui en moyenne 1.5 kg de médicaments. Or, « il y a un certain nombre de pays où l'on vous donne exactement le nombre de pilules ou de cachets dont vous avez besoin » souligne-t-elle. D’autant plus que la morphine ou les traitements destinés aux enfants hyperactifs sont d’ores et déjà vendus à l’unité en France explique Philippe Besset, vice-président de la fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), ce qui est plutôt encourageant pour ce projet.

Une initiative qui n’est pas au goût de tout le monde

Bien que 83% des Français reçoivent ce projet avec enthousiasme, beaucoup de critiques font irruption.

Tout d’abord, on craint pour la sécurité du patient compte tenu du fait que le conditionnement des comprimés, insérés dans des sachets, ne serait pas adapté. De même, la traçabilité serait moins efficiente et le risque que les patients se mélangent les pinceaux entre les différents comprimés serait trop grand. « L'armoire à pharmacie va devenir un capharnaüm impossible à gérer » déplore Gilles Bonnefond, secrétaire général de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO). Et de rajouter que "seule la boîte permet de conserver correctement le nom ou la date de péremption ».

De plus, on dénonce le coût de cette opération qui pèsera comme un fardeau sur les épaules des pharmaciens qui ne sont pas là pour « découper des boîtes, retranscrire les notices, les indications sur les boîtes, en plus de la posologie » fait remarquer Gilles Bonnefond. Effectivement, la FSPF explique que la délivrance d’antibiotique à l’unité s’élèverait à 1 euro de plus par jour et par patient, impliquant alors l’embauche de préparateurs complémentaires.

Néanmoins, l’idée semble intéressante pour les cas particuliers et notamment les personnes âgées qui seront ainsi plus accompagnés avec l’assurance d’éviter la surconsommation de médicaments. Une distinction entre les différents traitements serait donc nécessaire, puisque étendre cette opération aux 3,1 milliards de boîtes vendues chaque année se révèlerait injustifié et terriblement coûteux.

Enfin, toujours selon Gilles Bonnefond, il s’agit d’instaurer une réelle coopération entre les pharmaciens et les médecins afin de mieux communiquer auprès des patients pour éviter par exemple une automédication dangereuse.

Pour aller plus loin

Il semblerait cependant que l’initiative pour la vente de médicaments à l’unité gagnerait à être accompagnée d’une remise en question quant à la prescription trop importante de médicaments et notamment chez les personnes âgées. En effet, selon une enquête de l’hôpital Pompidou, les personnes de plus de 80 ans étaient plus de 90% à consommer des médicaments en 2013. Or, toujours selon cette étude, 10 % des hospitalisations en France sont liées à des accidents médicamenteux. De quoi se méfier de la médication en surdose.

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