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La santé connectée

par Mutuelle.fr

La santé connectée

Le 18 septembre prochain aura lieu la conférence Santé Connectée organisée par Les Echos Events au Salon des Arts et Métiers à Paris. Les usagers du numérique concernés - intervenants institutionnels, professionnels et industriels de la santé - dresseront un bilan du chemin parcouru par le système de santé français en matière de santé numérique et penseront, entre autres, à l’amélioration possible de l’organisation et de la qualité des soins grâce à l’utilisation du digital. L’occasion pour nous de parler du phénomène e-santé.

La santé 2.0

Ce n’est pas nouveau, la dématérialisation du soin et la numérisation des données font déjà partie de notre quotidien santé sans que l’on ne s’en rende vraiment compte. Mais depuis peu, ce phénomène s’accélère et grands nombres d’entreprises sont forces de propositions innovantes pour toujours plus faire rimer santé avec connectivité et interactivité. Les applications et autres objets connectés tendent en effet à dessiner notre futur paysage médical. Et le processus est déjà en marche : on dénombre plus de 15 milliards d’objets connectés aujourd’hui, un chiffre qui atteindrait 80 milliards d’ici 2020. De même, on compte approximativement 100.000 applications santé et bien-être. D’où l’enthousiasme des entreprises concernées qui voient en la santé un marché très porteur car on estime qu’il représentera 26 milliards de dollars d’ici 2017.

D’une part, on constate l’avènement du « Quantified self », autrement dit l’automesure, qui vise, par le biais d’objets et d’applications connectés, à mesurer par exemple sa fréquence cardiaque, la qualité de son sommeil ou son poids. Ceux-ci sont souvent accompagnés de conseils alimentaires et sportifs plus ou moins bien pensés et adaptés.

D’autre part, on remarque la volonté affirmée d’effectuer de vrais progrès dans le monde médical avec un meilleur suivi des patients atteints de maladies chroniques par exemple mais aussi de simplifier la prise en charge médicale de chacun d’entre nous. Pour exemple, la société Umanlife développe l’idée d’un carnet de santé connecté français grâce auquel toute la famille pourra consulter les calendriers de vaccination, prendre des rendez-vous, suivre une grossesse ou l’alimentation et obtenir des conseils. Aux Etats-Unis, il existe déjà un outil de ce genre appelé « Blue Button » permettant à chacun d’accéder aux données figurant dans son dossier médical, néanmoins, ces gadgets restent largement méconnus et inspirent à certains un sentiment d’indifférence totale ou pire, d’un non-respect de la vie privée.

Les limites des innovations santé

Nous l’avions mentionné dans notre article sur Google et sa « Baseline Study », aussi belle puisse être la volonté d’améliorer l’accès aux soins des individus, les contreparties se révèlent lourdes et risquées.

En effet, l’e-santé gagnerait à être accompagné d’une certification des autorités compétentes afin de se prémunir d’outils aux effets nuls. Pour exemple, il n’y a toujours pas eu d’arrêté d’instance du côté de la France bien que la Cnil a débuté une réflexion quant à la place que doivent occuper les objets de santé connectés et leurs utilisations.

De plus, la question de la sécurité des données est posée. Que sait-on de la fiabilité de l’hébergement des données qui est utilisé par les différents outils numériques concernant la santé ? Et que sait-on des intentions des sociétés les distribuant ?

Pour y répondre, prenons pour exemple la plateforme HealthKit développée par Apple, un carnet de santé numérique qui regroupe toutes les données générées par les applications et les objets de santé connectés utilisés par les mobinautes. Bien qu’Apple affirme vouloir gérer ces données d’une telle manière que le piratage sera impossible, en excluant le service de sauvegarde ICloud, l’agence Bloomberg met en évidence le fait qu’elle est en pourparlers avec deux des principales entreprises d'assurances santé privées des Etats-Unis afin de conclure une vente des données collectées. Ces informations serviraient alors à prévoir des contrats d’assurance sur-mesure : de sérieux gains financiers en prévision.

Ce que cela cache en réalité, c’est le risque de mettre en place un système dit orwellien. En effet, les employeurs pourraient devenir les acteurs de la bonne santé de leurs employés en adaptant les frais de mutuelles en fonction du mode de vie de ceux-ci. Les comportements jugés à risque, comme fumer, boire de l’alcool, manger non équilibré ou ne pas pratiquer de sport serait donc pénalisé et ce, grâce à un contrôle via bracelet. En France, c’est Axa qui a pris l’initiative en proposant des avantages financiers à ses assurés en fonction de leur marche quotidienne mesurée avec le capteur Pulse02 Withings.

 

Il est clair que l’on ne peut pas avoir un avis tranché sur la question, puisque de toute évidence ces outils connectés et interactifs promettent un réel changement dans la manière de gérer la santé. Tout réside dans la manière dont on perçoit ces outils. Car il ne faut pas perdre de vue qu’ils sont là pour nous accompagner et non pour dicter notre quotidien.

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