Fermer le menu
Menu

Le plan maladies neurodégénératives 2014-2019

par Mutuelle.fr

Le plan maladies neurodégénératives 2014-2019

Le plan Alzheimer pour la période 2014-2019 a été présenté le mardi 18 novembre 2014. Il prévoit de tout mettre en place pour une meilleure prise en charge des patients mais aussi pour une recherche médicale accrue. Nouveauté : ce plan s’intéresse désormais à d’autres maladies neurodégénératives.

Marisol Touraine, ministre en charge de la Santé, Geneviève Fioraso, secrétaire d’État chargée de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et Laurence Rossignol, secrétaire d’Etat chargée de la Famille, des Personnes âgées et de l’Autonomie ont ainsi annoncé de concert la volonté du gouvernement. Celle d’engager « une dynamique de progrès en matière de recherche, de soins et d’accompagnement ».

Le contexte

Les maladies neurodégénératives (perte progressive de neurones) touchent plus d’un million de Français, dont environ 850 000 pour la maladie d’Alzheimer, 150 000 pour la maladie de Parkinson et 85 000 pour la sclérose en plaques. Des chiffres qui nous rappellent à quel point la prise en charge des personnes en souffrance doit être sans cesse réfléchie et réactualisée.

Pour cela, un plan de 96 mesures, présidé par le Professeur Michel Clanet, a été proposé afin de penser à de meilleures solutions. Marisol Touraine explique alors que le plan lance le pari d’apporter « des réponses concrètes aux besoins des patients et de leurs aidants » en combinant notamment « les interventions pharmacologiques neurochirurgicales et comportementales ».

Trois priorités ont ainsi été dégagées :

  • L’amélioration du diagnostic et la prise en charge des malades.
  • La qualité de vie des malades et de leurs aidants.
  • Le développement de la recherche pour les maladies neurodégénératives.

Les promesses de ce plan point par point

Comment énoncé précédemment, les priorités sont au nombre de trois.

On retrouve tout d’abord la volonté de produire de meilleurs diagnostics mais aussi de mieux prendre en charge les patients. Pour ce faire, médecin traitant et neurologue devront entrer en étroite collaboration. De même, les patients et les aidants bénéficieront d’une éducation thérapeutique pour venir en aide aux malades de manière plus éclairée. Il faudra également développer « un meilleur accès à l’expertise sur le territoire avec la création de 24 centres experts dédiés à la sclérose en plaques, la consolidation des 25 centres spécialisés Parkinson, en complément des centres de référence Alzheimer existants ». En vue de respecter le projet de loi d’adaptation de la société au vieillissement, 100 dispositifs MAIA (travail en commun des professionnels et outils partagés) seront finalement mis en place afin de soutenir le parcourir de santé des personnes âgées.

Vient ensuite l’objectif de la qualité de vie des malades et des aidants qui se réalisera de différentes manières. En effet, l’accompagnement à domicile se verra renforcée avec la création de 74 nouvelles équipes spécialisées Alzheimer (ESA). Diverses expérimentations seront mises en place afin de trouver des solutions similaires pour répondre aux besoins des patients atteints des maladies de Parkinson et de la sclérose en plaques. En outre, en lien avec le projet de Loi santé, des programmes d’accompagnements seront proposés par plusieurs associations. Dans la même idée, 65 nouvelles plateformes d’accompagnement viendront soutenir celles déjà en cours. Les jeunes malades ne seront pas oubliés : tout sera mis en œuvre pour que leur insertion professionnelle ne soit pas lésée par la maladie. Enfin, soucieux de s’inscrire dans une logique de modernisation, le gouvernement a annoncé l’utilisation du numérique ; des sms d’alertes ou des applications pourront par exemple aider les patients à rester autonomes.

En dernière partie de ce plan, on trouve l’idée de développement et de coordination de la recherche. C’est-à-dire le renforcement des outils de connaissances utilisés pour mieux appréhender les maladies.

Pour le reste, il faut savoir que les objectifs du précédent plan se poursuivent :

  • Sur 1 600 places adaptées prévues dans les maisons de retraite, 1 135 sont déjà installées.
  • 12 500 places en pôles d’accompagnement et de soins adaptés ont été mises en place. On souhaite atteindre les 25 000 places.
  • 5 600 places d’hébergement temporaires étaient annoncées. 3 100 sont d’ores et déjà disponibles.

Un plan ambitieux qui comporte des failles

Si la cause et les promesses sont louables, les moyens mis en œuvre semblent trop faibles pour certains. Selon l'association France Parkinson : « le plan ne détaille pas moins de 96 mesures et plus de 300 actions. Il parait ambitieux dans sa rédaction. Mais il n'a de plan que l'intitulé sans aucun des attributs : pas de calendrier, pas d'objectifs hiérarchisés, pas de moyens tracés ». Le gouvernement n’a en plus pas vraiment précisé quel budget serait alloué à ce projet ni d’où le financement proviendrait.

Quelques chiffres ont néanmoins fuité, mais ce n’est pas pour rassurer les représentants de malades qui exigent du gouvernement qu’il tienne ses promesses. En effet, il a été question de 470 millions d’euros, soit 270 millions pour le domaine du médico-social et 200 millions pour la recherche. Une somme « ridicule » lorsque l’on sait que le plan Alzheimer précédent disposait d’une enveloppe de 1,6 milliard d'euros.

Outre la question du financement, certaines associations voient ce plan comme un énorme « fourre-tout » du fait que les maladies concernées ne sont pas vraiment similaires. Pour exemple, le diagnostic de ces maladies ne se fait absolument pas au même âge sans parler du fait que les pathologies sont tout à fait différentes.

Ainsi l’idée selon laquelle ce regroupement de maladies dans un même plan permettra une optimisation de la recherche ne remporte pas un franc succès. En effet, le collectif interassociatif sur la santé met en garde le gouvernement : « rassembler des pathologies proches ne doit pas amener à les confondre ». Le Professeur Alexis Brice, coordinateur d’une équipe de recherche à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière, concède que « les maladies neurodégénératives ont chacune leurs spécificités » mais rajoute qu’il y a « des points communs entre elles, et les étudier de façon transversale fait sens »

Il ne reste donc plus qu’à espérer que ce plan sache faire la part des choses tout en apportant à chacune des questions que ces maladies soulèvent une solution appropriée… et financée !

Pour en savoir plus sur les solutions mises en place pour les personnes souffrant de maladies neurodégénératives, cliquez ici. Vous y trouverez l’exemple de l’accueil de jour destiné aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

comments powered by Disqus
Ce site utilise des cookies pour vous assurer une meilleure expérience de navigation. En continuant à naviguer, vous acceptez leur utilisation. Pour en savoir plus, cliquer ici.