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Vers une reconnaissance du burn-out en tant que maladie professionnelle

par Mutuelle.fr

Vers une reconnaissance du burn-out en tant que maladie professionnelle

Communément appelé burn-out, le syndrome d’épuisement professionnel touche plus de personnes que ce que l’on croit. C’est pourquoi 26 députés souhaitent qu’il soit enfin reconnu comme une maladie professionnelle et pris en charge par l’entreprise. Malheureusement, il n’est pas si facile que cela de déceler ce mal encore tabou.

Et pour vous, qu’est-ce que cela change ?

L’officialisation d’une telle maladie permettrait à chacun d’entre nous, puisque son apparition n’est pas si rare que cela, de bénéficier d’un soutien financier de la part de son entreprise et d’une remise en question des missions dont le malade est habituellement chargé. Mais le simple fait de reconnaître la véracité du burn-out représente déjà une porte d’entrée vers la guérison, puisque ce qui fait souvent le plus de mal, c’est la négation, autant du côté de l’employeur que de celui de l’employé malade, qui lui ne se rend pas forcément compte de l’état dans lequel il se trouve.

Quelles sont les personnes concernées par le burn-out ?

Dans un premier temps, on considérait que le syndrome d’épuisement professionnel touchait majoritairement les personnes fortement investies dans leur travail, cumulant les heures sans sommeil mais aussi et surtout la déception de n’obtenir que très peu de résultats ou encore de reconnaissance sociale. Parmi elles, on trouve les enseignants, les médecins urgentistes, les soignants auprès de toxicomanes et bien d’autres encore. Dans un second temps, il a été admis que cette fatigue morale et physique pouvait concerner divers environnements de travail, entrainant alors arrêts de travail et incapacité professionnelle.

Selon une enquête du groupe Cegos publiée en novembre 2014, il s’avère qu’un salarié sur quatre est touché par ce syndrome. Un chiffre qui justifie une reconnaissance du burn-out en tant que maladie professionnelle. Toujours d’après cette enquête, on sait que 53% des salariés et 68% des managers disent être victimes d’un stress régulier et parmi eux, 87% des salariés et 78% des managers sont convaincus que cela a porté préjudice à leur état de santé.

Des chiffres confirmés et illustrés par un appel passé par une cinquantaine de médecins du travail dans lequel il était signifié qu’une augmentation des épuisements professionnels se faisait sentir depuis quelques années. De quoi crédibiliser ce nouveau combat.

A quoi bon cette reconnaissance ?

Pour le moment, le stress au travail est pris en charge par le régime général de la Sécurité sociale. Ainsi, c’est à la collectivité de financer le congé maladie ou le temps partiel thérapeutique dont peut bénéficier un employé victime de burn-out. Un coût social qui, selon une estimation du cabinet Technologia, se situe entre 2 et 3 milliards d’euros et représente ainsi entre 10% et 20% des dépenses imputables aux accidents du travail et aux maladies professionnelles de la Sécurité sociale. Il existe cependant quelques cas rares, une dizaine environ, pour lesquels le syndrome d'épuisement est reconnu comme étant une maladie professionnelle. Un chiffre dérisoire quand on sait les répercussions d’une telle souffrance.

C’est pourquoi l’appel des députés, tel que l’on peut le lire sur Le JDD du 6 décembre 2014, déclare que cette « reconnaissance est indispensable pour faire que les effets de l'épuisement nerveux au travail soient à la charge de ceux qui en sont responsables, c'est-à-dire les employeurs ». Plus précisément, il serait nécessaire que le financement des différentes prises en charge d’un employé victime d’un épuisement professionnel passe « sur la branche Accident du travail et maladies professionnelles - financée par les cotisations patronales à 97% ». Pour l’heure, on sait que les députés ont souhaité que deux nouveaux éléments soient ajoutés au tableau des maladies professionnelles à savoir le stress post-traumatique au travail et la dépression consécutive à un épuisement profond.

Mais encore faut-il pouvoir démontrer la fiabilité de la théorie selon laquelle l’activité professionnelle peut entraîner de tels troubles.

Une maladie qui reste à être démontrée, mais pourquoi ?

Tout d’abord parce que le burn-out désigne des troubles psychiques. Or, le diagnostic de tels troubles est plus difficile à formuler que lorsqu’il s’agit d’un mal physique notamment du fait que les individus ne réagissent pas tous de la même manière face aux situations de stress et de fatigue et n’expriment pas leurs gênes de la même façon. Par ailleurs, aucun examen n’a été mis en place pour le moment pour diagnostiquer une telle maladie.

Une autre problématique est celle de l’évolution du burn-out, de sa durée et des traitements possibles. Mais il s’agit aussi de se demander si la seule suppression de la pression au travail peut remédier à cette souffrance. En effet, la question de la responsabilité de l’activité professionnelle dans cette maladie reste en suspens. Comment peut-on vraiment vérifier qu’une personne souffre à cause du travail et pas à cause d’un évènement personnel comme un divorce ou encore un deuil ?

 

La responsabilisation des entreprises face au burn-out est donc très délicate à mettre en place d’un point de vue scientifique mais aussi à cause des conséquences financières que cela implique. Mais difficile ne veut pas dire impossible !

Ainsi, la volonté de reconnaitre le burn-out en tant que maladie professionnelle nécessite des travaux de recherche pour mieux le comprendre mais aussi pour établir des dispositions politiques adaptées.

 

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