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Face au projet de loi santé, la grève des médecins urgentistes perdure

par Mutuelle.fr

Face au projet de loi santé, la grève des médecins urgentistes perdure

Voilà plusieurs semaines que l’on entend parler du mécontentement des professionnels de santé face au projet de loi santé qui doit être examiné début 2015. Les médecins urgentistes n’échappent pas à ce phénomène puisqu’ils comptent faire durer leur grève jusqu’à la fin de la semaine. Un mouvement suivi de près par les généralistes et les spécialistes. De quoi donner du fil à retordre au gouvernement !

Et pour vous, qu’est-ce que ça change ?

Très clairement, ce mouvement qui dure peut en importuner plus d’un. Mais sachez que la grève des urgentistes ne saurait avoir un fort impact négatif quant à votre éventuelle prise en charge à l’hôpital. En effet, des dispositions ont été prises afin que l’offre réponde à la demande de soins des patients : certains médecins urgentistes seront assignés. Ils auront néanmoins le droit d’accrocher symboliquement un badge sur leur blouse afin de signifier leur attachement à cette grève.

Colère et revendications

Malgré moult négociations ce week-end avec le ministère de la Santé, les médecins urgentistes ont choisi de poursuivre une grève déjà amorcée il y a plusieurs semaines. Une grève qui s'annonce, selon l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), très suivie puisqu’on attend 80% de grévistes.

Mais pourquoi cette grève au juste ? Tout d’abord, parce que les praticiens hospitaliers souhaitent vivement revoir leur temps de travail hebdomadaire à la baisse. Dès lors, il s’agirait de travailler 48 heures par semaine au lieu de 60 heures. De même, ils attendent désespérément une revalorisation des heures supplémentaires à partir des 39 heures par semaine. En effet, le président de l’Amuf, Patrick Pelloux, explique : « nous demandons la juste reconnaissance de notre temps de travail sur la base de trente-neuf heures. Nous n’acceptons plus d’être les derniers écoutés et les derniers à obtenir de meilleures conditions de travail.» Et la situation pourrait bien tourner à leur avantage selon lui puisque cette revalorisation a été admise à l’hôpital de Creil dans l’Oise.

Mais certains points viennent obscurcir le tableau comme les coupes budgétaires des hôpitaux de plus de 2 milliards d’euros d’ici 2017 ou encore l’afflux de patients provoqué par la désorganisation de la médecine de ville. De même, les praticiens hospitaliers touchent 200 euros de moins que les médecins universitaires, une inégalité que l’Amuf dénonce et entend éradiquer : « le travail de nuit est le même pour tous… Le combat syndical est un combat pour la justice et l’égalité » déclare Patrick Pelloux.

Un ras-le-bol justifié

Heures de travail qui s’accumulent et salaire qui n’exprime pas la valeur de l’effort. Voilà le quotidien des professionnels travaillant aux urgences dont bon nombre sont au bord du burn-out. Outre le fait qu’ils se doivent d’être multitâches, ces professionnels regrettent de ne pas pouvoir exercer leur métier tel qu’ils le souhaiteraient, faute de temps. Ils sont d’ailleurs nombreux à considérer leur travail comme l’application de soins à la chaîne comme c’est le cas à l’hôpital de Dourdan. Le docteur Jedrecy explique notamment : « quand il y a trop de patients, on ne peut plus gérer. On n’a que deux bras et deux jambes. Alors, on a très peu le temps d’écouter, de consoler, d’avoir de l’empathie avec les personnes que l’on soigne ». Sans compter sur l’état de fatigue qui peut constituer un risque et pour les patients et pour les professionnels.

Enfin, cette situation pèse forcément sur une patientèle contrainte d’attendre des heures dans des salles d’attente bondées, sans être pour autant assurée de recevoir le soin mérité. D’où le risque de débordements suite à l’impatience des malades et de leur famille.

Le service des urgences s’avère alors un milieu professionnel qui éreinte et qui, faute de moyens, ne fait rien pour arranger les choses. En effet, les recrutements y sont rares alors que la demande du côté des patients augmente progressivement.

Un mouvement qui semble loin d’être terminé

La confédération des syndicats médicaux français rejoindront mercredi le combat des médecins urgentistes et ce, jusqu’à la fin de l’année 2014. Les généralistes et les spécialistes réclament en effet une revalorisation de leur consultation à 25€ contre 23€ aujourd’hui et critiquent vivement la mise en place du tiers-payant généralisé annoncé par le projet de loi santé. Or, cette généralisation « c'est la colonne vertébrale de la loi » affirme Marisol Touraine qui accepte de négocier tout en restant ferme.

Enfin, ce projet de loi met plus que jamais en concurrence le secteur privé et le secteur public. Le second serait alors le grand gagnant d’une « étatisation insupportable » de la médecine selon les différents syndicats du secteur privé. Ainsi, seule une prise de décision ferme du gouvernement pourrait mettre fin à ces mouvements de grève qui perdurent. Or, les pourparlers sont encore et toujours en cours selon Christophe Prudhomme, porte-parole de l'Amuf et urgentiste au Samu de Seine-Saint-Denis.

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