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La vente de médicaments sur Internet a-t-elle de l’avenir ?

par Mutuelle.fr

La vente de médicaments sur Internet a-t-elle de l’avenir ?

Le code de « bonnes pratiques » régissant la vente de médicaments sur Internet est actuellement remis en cause par le Conseil d’Etat. L’occasion pour nous de faire un point sur ce phénomène relativement récent.

Et pour vous, qu’est-ce que ça change ? Bien que les sites e-commerce se développent de façon exponentielle, beaucoup d’entre vous n’ont pas (encore) le réflexe d’acheter des médicaments sur Internet. Il y a pourtant de nombreux avantages à le faire : un large panel de produits, des conseils en ligne, un paiement sécurisé, des livraisons rapides... Acheter vos médicaments en ligne, c’est l’assurance de gagner du temps tout en économisant dans votre budget santé.

La vente de médicaments en ligne a du mal à décoller

La vente de médicaments sur Internet est autorisée en France depuis un an et concerne uniquement les produits sans ordonnance.

Cependant, on compte uniquement une centaine de sites vendant des médicaments non prescrits sur Internet, ce qui représente moins de 0,1% des ventes de médicaments en France.

On retrouve 2 types de pharmacie en ligne :

1.            1 site agréé appartenant à 1 pharmacie comme lasante.net  

2.            1 site regroupant plusieurs pharmacies comme 1001pharmacies.com  ou doctipharma.fr

La législation très restrictive dissuade de nombreux sites à vouloir proposer des produits pharmaceutiques.

La méfiance des français à l’égard de la vente en ligne de médicaments peut également expliquer le faible nombre d’acteurs sur ce marché. Selon une enquête Ifop, 4 % seulement des Français ont acheté des médicaments sur Internet.

Parmi les raisons invoquées par les clients, il y a notamment :

  • Le manque de confiance sur la qualité et la provenance des produits et notamment la crainte des contrefaçons. 65% des personnes réticentes à acheter sur Internet le sont pour cette raison.
  • L’absence de conseil du pharmacien
  • Des tarifs proches de ce qui se pratique dans les pharmacies physiques
  • Des frais de livraison élevés pouvant aller jusqu’à 6€

Ainsi, les clients et le gouvernement sont d’autant plus méfiants que la vente de médicaments concerne la santé et doit donc être plus encadrée que pour d’autres produits.

Il y a cependant des signaux encourageants

Les sites proposent effectivement de plus en plus de produits qui intéressent les consommateurs.

Parmi les produits les plus vendus, on retrouve les produits d'hygiène et de cosmétique (49%) et notamment les produits antitabac ou encore les produits d'hygiène intimes (pommades anti-hémorroïde…) qui sont de plus en plus demandés en ligne. Suivent les compléments alimentaires (20%), les dispositifs médicaux (pansements, etc.) puis les médicaments non prescrits (8%).

Les français sont globalement de plus en plus ouverts à acheter des médicaments en ligne et ce pour 3 raisons majeures :

  • La diminution du coût
  • Le gain de temps
  • Une plus grande facilité d’accès

Une étude IFOP menée en 2013 montre en effet que 30 % des français se disent prêts à acheter des médicaments en ligne contre 13 % seulement en 2012.

Ainsi, de plus en plus d’acteurs se lancent dans la vente de médicaments en ligne. Le nombre de sites a plus que doublé, passant de 78 en 2013 à 209 fin 2014. Toutefois, 111 sites seulement sont opérationnels.

Une activité très encadrée mais des ajustements sont en cours

Comme évoqué précédemment, la vente de médicaments en ligne est strictement encadrée par un ensemble de « bonnes pratiques », entrées en vigueur le 2 janvier 2013. Parmi elles, on retrouve notamment :

  • L’obligation pour chaque site d’être adossé à une officine de pharmacie physique.
  • Seuls des pharmaciens peuvent créer et gérer un site Internet de vente de médicaments.
  • Seuls les médicaments non soumis à prescription obligatoire peuvent être vendus sur Internet.
  • L’entière responsabilité incombe au pharmacien. Il doit respecter les règles de déontologie applicables à son officine et les bonnes pratiques de dispensation.
  • Le site doit être validé par l’agence régionale de santé (ARS) dont dépend la pharmacie.
  • La liste des sites autorisés doit être publiée et mise à jour par l’Ordre national des pharmaciens.

Le Conseil d’Etat est actuellement en train de réétudier ce code de « bonnes pratiques » et certains éléments ont d’ores et déjà été modifiés. Il a annulé un arrêté ce lundi, permettant entre autres aux sites de vente de médicaments d’acheter des emplacements sur les moteurs de recherche. Les forums de discussion devraient également être autorisés. Comme l’explique Mike Vandenhooft, fondateur de newpharma.fr, «le référencement payant constitue une source majeure de visibilité et donc un enjeu hautement stratégique pour les sites marchands ». « Les empêcher d’y avoir recours freinait durablement l’évolution de ce secteur en pleine croissance et gros pourvoyeur d’emplois partout ailleurs en Europe. ». Il est vrai que d’autres pays européens comme l’Allemagne ou la Belgique sont libres de promouvoir leur site comme ils l’entendent et également de faire la publicité des médicaments sans prescription qu’ils vendent comme le stipule la réglementation européenne.

Ainsi, les décisions du Conseil d’Etat remettent en cause ces règles qui auraient été édictées sous la pression des pharmaciens pour éviter que la pharmacie en ligne ne mette en danger les pharmacies « physiques ». Le Conseil d’Etat a également réparé l’injustice qui existait à propos des parapharmacies qui, avec une activité similaire, avait le droit d’investir dans les moteurs de recherche.

 

Le comportement de moins en moins méfiant des consommateurs couplé à une plus grande marge de manœuvre donnée aux pharmacies en ligne laisse présager une évolution positive de ce marché dans les prochains mois.

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