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La visite chez le médecin désormais à 25€ ?

par Mutuelle.fr

La visite chez le médecin désormais à 25€ ?

Alors que le débat sur le projet de loi santé et notamment sur l’extension du tiers payant est toujours brûlant, le syndicat des médecins généralistes vient d’appeler à une hausse des prix des consultations. Simple coup de pression ou réelle volonté que les choses changent ?

Et pour vous, qu’est-ce que ça change ? L’augmentation du prix de la consultation chez un médecin généraliste prend effet immédiatement et pour une durée indéterminée. Elle pourrait avoir une conséquence non négligeable sur votre budget santé. Si jusqu’ici votre participation forfaitaire pour une consultation chez un généraliste s’élevait à 1€, vous serez amenés à régler les 2 euros supplémentaires si votre mutuelle ne couvre pas les dépassements. Un patient voyant en moyenne 4,5 fois par an son médecin généraliste, cette mesure peut vous faire porter un surcoût à hauteur de 9€ par an.

 « Redonner de l'attractivité à la médecine générale »

La décision d’augmenter le prix des consultations de 23 à 25 € vient de MG France, le premier syndicat des médecins généralistes en France.

Une des raisons principales de ce choix est la sous-valorisation du métier de médecin généraliste. Selon Claude Leicher, le président du syndicat, « Les responsabilités que l'on a, les études que l'on fait et les difficultés d'exercice valent beaucoup plus que tout cela". « Il y a beaucoup de patients qui nous disent qu'une consultation vaut largement plus que 25 euros. Donc dans l'ensemble, la population comprend très bien que 23 euros c'est devenu totalement ridicule. ».

La différence de traitement entre médecins généralistes et spécialistes a également été pointée du doigt. Jacques Darley, délégué régional du syndicat MG France, ne « comprend pas cette discrimination ». « Depuis 2002, les médecins généralistes sont des spécialistes à part entière, avec une formation identique. ». Un généraliste gagne effectivement 6000€ par mois en moyenne contre 7100€ pour un ORL ou encore 9000€ pour un ophtalmologiste (selon la Caisse primaire d'Assurance maladie). « Ces 25 euros ne constituent pas une revalorisation mais la correction d’une injustice et une indispensable mesure d’équité. » conclue Jacques Darley.

Les généralistes espèrent que cette augmentation appellera de nouvelles revalorisations afin d’attirer de nouveaux médecins. « Cette sous-rémunération est l'un des éléments qui découragent les jeunes de reprendre les cabinets. Il faut leur donner l'envie pour lutter contre les déserts médicaux», prévient Jacques Battistoni, secrétaire général du syndicat.

Un moyen de pression sur le gouvernement

Cette décision est aussi et surtout symbolique. MG France envisageait cette mesure depuis plusieurs mois mais a attendu le jour où se déroule la séance plénière de la loi de santé pour mettre ses menaces à exécution.

Pour rappel, plus de 50 000 « blouses blanches » avaient défilé dans les rues de Paris le 15 mars dernier afin de protester contre cette loi de santé et notamment le projet de généralisation du tiers payant.

"Il est temps de mettre davantage la pression sur le gouvernement et l'Assurance maladie" affirme Jacques Battistoni. Claude Leicher estime « avoir assez attendu » avant d’affirmer que « lors de ses appels à fermer les cabinets le 2 octobre dernier, il avait dit que c'était pour deux raisons : la loi de santé et les moyens d'exercice. Rien n'a avancé. Si la discussion s'ouvre après février 2016, ça signifiera que François Hollande aura été le premier président de la République à imposer la diète quinquennale aux médecins. La dernière augmentation de la consultation, qui représente 88 % de nos revenus, nous la devons à M. Sarkozy, c'était en janvier 2011 ! ».

Le patron de l’Assurance Maladie, Nicolas Revel, se veut néanmoins rassurant : "le tarif de la consultation fait partie des sujets de la prochaine négociation".

Le syndicat MG France appelle de nouveau les médecins généralistes à fermer leurs cabinets le 31 mars prochain pour réaffirmer leur rejet du projet de loi de santé.

Une décision plus ou moins légale

En attendant la journée « santé morte » de mardi prochain, certains généralistes pratiquent d’ores et déjà la consultation à 25€, sans même attendre l’autorisation de l’Assurance maladie. En effet, malgré un arrêt du Conseil d'Etat, les généralistes ont décidé d'appliquer dès maintenant cette majoration.

On peut s’interroger sur les modalités de remboursement. En effet, un médecin généraliste de secteur 1, contrairement à un médecin en secteur 2, n’a en principe pas le droit de pratiquer des dépassements d’honoraires ; c’est la CPAM qui fixe ses tarifs. Ainsi, s’il réclame 2€ supplémentaire, il n’est pas dans son droit et peut être sanctionné. Claude Leicher en est bien conscient : "Nous avons obligation d'appliquer les tarifs en vigueur (...) L'Assurance maladie peut donc infliger une sanction dite conventionnelle". La Caisse Primaire d'Assurance Maladie vient d'ailleurs de mettre en garde les médecins : elle "fera usage, à chaque fois que nécessaire, de tous les moyens juridiques à sa disposition (...) pour faire respecter les obligations qui s'appliquent aux médecins conventionnés et pour protéger les assurés contre des pratiques tarifaires illicites". On peut également craindre une sanction juridique de la part de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes ou du Conseil National de l’Ordre des Médecins si elle reçoit des plaintes. La solution serait de passer en secteur 2 mais ceci requiert un certain niveau de formation et d’étude que la majorité des généralistes n’a pas.

MG France se montre cependant rassurant. «  Je pense que ce geste sera apprécié de manières différentes selon les patients et lorsque les patients auront des difficultés nous en tiendrons compte", tempère Claude Leicher. De la même manière, Jacques Darley affirme : « Ce passage à 25 €, nous allons le faire tranquillement, sereinement, et de façon à ne pas embêter nous clients afin qu’ils puissent être remboursés. ».

 

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