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Les déserts médicaux ne séduisent pas malgré les avantages proposés

par Mutuelle.fr

Les déserts médicaux ne séduisent pas malgré les avantages proposés

François Hollande, candidat à la présidentielle 2012, a affirmé sa volonté de mettre en place un « plan d’urgence » afin de mieux inciter les jeunes médecins à s’installer dans les déserts médicaux, notamment en leur faisant bénéficier d’aides financières. Les zones sous-dotées en médecins et structures médicales sont en effet de plus en plus nombreuses en France. Pour remédier à ce problème, des dispositifs sont déjà en place. Ils semblent cependant peu efficaces aujourd’hui…

Selon Xavier Bertrand, ministre de la Santé, il y a eu en 2011 plus d’installations de médecins en milieu rural que de départs à la retraite.  Patrick Romestaing, en charge de la démographie au Conseil national de l'Ordre des médecins, explique que les jeunes médecins « ont du mal à s’y retrouver ».

La mesure clé mise en place par le Gouvernement est le Contrat d’Engagement de Service Public (CESP), mis en place en 2009. Cette mesure est destinée aux jeunes médecins dès leur 2ème année d’études, et aux internes. Ces derniers, en contrepartie d’un salaire brut de 1 200 € par mois, s’engagent  à pratiquer dans des zones urbaines sous dotées et ce, durant une période de temps comparable à la période de temps pendant laquelle ils perçoivent leur allocation. Ainsi, sur l’année scolaire dernière, près de 200 CESP ont été signés contre 148 l’année précédente. Malgré des objectifs non atteints, le ministère de la santé est optimiste quant à ces résultats qu’il juge encourageants, deux années seulement après la mise en place de la mesure. 

L'Association Nationale des Etudiants en Médecine de France (ANEMF) note toutefois que le programme n’a pas rencontré tout le succès espéré pour cause de manque de communication sur le sujet. Les médecins étudiants ne connaissent pas vraiment les modalités du programme et, lorsqu’ils le connaissent, le jugent trop contraignant. La durée de l’engagement semble en effet dissuader les jeunes étudiants qui ont beaucoup de mal à se projeter dans un futur plus ou moins proche. En outre, la contrepartie financière, aussi intéressante soit-elle, est loin d’être la raison principale du choix des étudiants. En effet, ces derniers regardent en priorité les critères de condition d’exercice, d’organisation des permanences, de la distribution des tâches… La prise en compte du conjoint est également un facteur clé dans leur prise de décision.

Le président de la Confédération des Syndicats Médicaux Français, Michel Chassang, a un avis tout autre en ce qui concerne le succès limité du dispositif. Selon lui, les sanctions sont beaucoup trop importantes si l’étudiant décide de changer d’orientation professionnelle. Il devrait en effet restituer les indemnités reçues majorées de 20 000 €. Michel Chassang souligne que le problème de fond des déserts médicaux est lié au regroupement. La solution qu’il préconise est le rassemblement des médecins afin de lutter contre leur isolement.

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