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Du nouveau dans la lutte contre le gaspillage alimentaire

par Mutuelle.fr

Du nouveau dans la lutte contre le gaspillage alimentaire

Le gouvernement a étudié ce mardi une série de propositions afin de lutter contre le fléau du gaspillage alimentaire. Quelles sont les solutions envisagées ?

Et pour vous, qu’est-ce que ça change ? Un Français gaspille en moyenne 20 kilos d’aliments chaque année. Ceci a des conséquences autant écologiques qu’économiques et met votre santé en danger. Limiter le gaspillage est donc primordial et pourrait vous permettre de faire de vraies économies dans votre budget.

1/3 de la production alimentaire mondiale est gaspillée

Les chiffres du gaspillage alimentaire sont alarmants. En 40 ans, le pourcentage de nourriture gâchée a doublé et la tendance ne semble pas s’inverser. En tout, c’est 1,3 milliard de tonnes de nourriture qui est gaspillée par les ménages avant même d’être consommé, ce qui représente quasiment un tiers de la production mondiale. Parallèlement, plus de 800 millions de personnes ne mangent pas à leur faim dans le monde, soit 1 personne sur 9.

L’Amérique du Nord et l’Océanie sont les continents les moins exemplaires avec 115 kilos de nourriture gaspillée par an et par personne. Un français gaspille, quant à lui, 20 kilos de nourriture par an dont 7 kilos de produits encore emballés.

14% du gâchis alimentaire annuel serait généré par les restaurants, avec pas moins de 230 grammes d’aliments jetés par personne et par repas.

Le gaspillage alimentaire entraîne des conséquences désastreuses pour l’économie. On estime qu’il fait perdre 400 euros par an pour une famille avec deux enfants. A l’échelle nationale, le gaspillage couterait entre 12 et 20 milliards d’euro à l’Etat selon Guillaume Garrot, ancien ministre de l’agroalimentaire.

Le gouvernement étudie une série de mesures

Afin de lutter contre ce fléau, le gouvernement a annoncé vouloir diviser par 2 le gaspillage alimentaire d’ici 2025. Il a mis en place un pacte national anti-gaspillage, complété par le programme national de prévention des déchets 2014-2020 du ministère de l’Ecologie.

Ce programme  a été élaboré en lien avec différents acteurs de la prévention des déchets. Il en est ressorti 6 actions majeures :

  • Renforcer la lutte contre le gaspillage dans la restauration collective
  • Étudier le lien entre le produit alimentaire et l’emballage
  • Impliquer les territoires dans la lutte contre le gaspillage alimentaire
  • Adapter la réglementation sur les gros producteurs de biodéchets aux enjeux du gaspillage alimentaire
  • Mettre en place un « Club d’acteurs » sur le gaspillage alimentaire
  • Développer l’usage du « Doggy bag »

D’autres solutions sont en cours d’étude dont celles présentées ce mardi au gouvernement par Guillaume Garrot. Son objectif principal est de « responsabiliser tous les acteurs de la chaîne alimentaire ». Voici ses préconisations :

  •  «Interdiction de jeter» et de «javelliser» les aliments pour les grandes surfaces
  • «Donner plutôt que jeter» : obligation pour les supermarchés de donner leurs invendus à des associations
  • Création de rayons «anti-gaspillage» dans les grandes surfaces
  • Des informations plus «accessibles» et «lisibles» pour le consommateur
  • Promouvoir les systèmes de recyclage des déchets tels que la méthanisation.
  • Défiscaliser les dons alimentaires pour les producteurs agricoles
  • Mise en place d’une agence nationale contre le gaspillage alimentaire

La pétition "Stop au gâchis alimentaire en France !" soutenue par Arash Derambarsh et signée par 170 000 personnes a également incité le Sénat à adopter un amendement autorisant les supermarchés à donner leurs invendus à des associations. Cependant, "cet amendement n'impose absolument rien à personne" selon l'avocat Arnaud Gossement et doit encore être validé par l’Assemblée Nationale pour prendre effet.

Le concept de « doggy bag » comme solution

Des actions ponctuelles ont déjà été mises en place afin de lutter contre le gaspillage alimentaire. À Toulouse, il y a eu l’opération Disco coupe consistant à cuisiner des légumes invendus en musique. A Rungis, une association récupère les invendus de fruits et de légumes pour les transformer en jus ou en soupes, ce qui a permis de lutter contre le gaspillage tout en créant des emplois. A Tours, une camionnette fait le tour des supérettes pour récupérer les invendus et les redistribuer aux associations. En Ile-de-France, le logiciel d’Eqosphère, permet aux traiteurs de trouver facilement des associations susceptibles de distribuer les produits non consommés.

Une des initiatives les plus discutées est l’idée de pouvoir emporter ses restes à l’issue d’un repas dans un restaurant. Le « doggy bag » est très populaire aux Etats-Unis mais peine à s’imposer en France, notamment pour des raisons culturelles. Développer cette idée fait partie des mesures proposées par Guillaume Garrot dans son rapport.

Le « doggy bag » a été testé par plusieurs restaurants français et n’a pas forcément eu l’effet esceompté. Dix restaurateurs du Grand Avignon proposent la Resto box et sont plutôt satisfaits. A l’inverse, le Chai 33 et sa boîte "Trop bon pour gaspiller" est déçu, un client sur 300 seulement repartant avec son doggy bag sous le bras.

Il y a cependant des signes encourageants. Le syndicat d'hôtelier-restaurateurs (80.000 adhérents) a par exemple signé un accord la semaine dernière avec la start-up Take Away et sa box « étanche, micro-ondable et personnalisable » déjà disponible dans une cinquantaine d’établissements de la région lyonnaise en attendant de signer de nombreux autres contrats dont peut-être Courtepaille.

 

De nombreuses solutions simples peuvent permettre de lutter contre un gaspillage alimentaire qui ne cesse de progresser et d’impacter l’économie, l’écologie ainsi que votre santé physique et financière. Mais cela suppose une remise en cause culturelle et une volonté politique.

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