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Rapprochement de mutuelles : se rassembler pour survivre ?

par Mutuelle.fr

Rapprochement de mutuelles : se rassembler pour survivre ?

Le nombre de mutuelles a été divisé par 3 entre 2005 et 2014. La fusion de plusieurs d’entre elles l’explique en grande partie. Quels intérêts ont ces rapprochements ?

Et pour vous, qu’est-ce que ça change ? La généralisation des complémentaires santé d’entreprise à partir de janvier 2016 bouleverse en profondeur le marché de l’assurance. Ceci se répercutera nécessairement sur le montant des cotisations et les modalités de remboursement de vos frais de santé. Les fusions de mutuelles auxquelles on assiste prennent des formes diverses et parcourent des buts différents mais 2 objectifs les unissent : réduire au maximum les restes à charge et conserver des taux de cotisation accessibles à tous.

Les mutuelles font face à de nouveaux défis

Le milieu de l’assurance a connu de nombreux bouleversements ces derniers mois, ce qui oblige les mutuelles à revoir leurs stratégies.

Premièrement, la réforme européenne « solvabilité 2 » a induit un certain nombre de changements. En réaction à la crise des Subprimes, l’objectif de cette réforme est de limiter les risques que peuvent rencontrer les compagnies d’assurance et de réassurance en consolidant leurs fonds propres. « Solvabilité 2 » impose de nouvelles normes en termes de provisions, de fonds propres, de suivi des risques, etc. Il s’agit donc pour les mutuelles d’optimiser la gestion des risques, l’actuariat, l’audit…

La généralisation des complémentaires santé d’entreprise à partir de janvier 2016 a également des conséquences importantes pour les mutuelles. Effectivement, de nombreuses mutuelles sont très présentes sur les contrats individuels mais peu sur les contrats collectifs. Cette réforme va nécessairement impacter les contrats collectifs, il est donc vital pour les mutuelles de s’adapter.

Enfin, face à la concurrence accrue des comparateurs ou des mutuelles en ligne, les mutuelles doivent être capable de répondre aux défis du numérique. 

Se rapprocher permet de mieux les affronter

Afin de répondre à ces défis, de nombreuses mutuelles ont fait le choix d’unir leurs forces.

S’allier avec des partenaires nécessitant moins de fonds propres comme l’habitation ou l’automobile peut être intéressant en vue de la réforme « solvabilité 2 ».

Dans le cadre de la généralisation liée à l’ANI du 11 janvier 2013, se rapprocher de mutuelles expérimentées dans les contrats collectifs peut également être précieux.

Fusionner, c’est également l’occasion de se moderniser en mettant des moyens en commun. Il s’agit d’investir dans des systèmes d’information plus performants, dans des services en ligne à destination des assurés ou encore d’automatiser la gestion des sinistres au moindre coût.

S’allier permet aussi d’avoir une meilleure connaissance des risques et donc de pouvoir mieux adapter les montants de cotisation.

Comme dans toute fusion d’entreprises, on peut craindre une perte d’identité et de valeurs. Mais pour Jacques Bride, membre du bureau fédéral de FO Territoriaux, c’est un mal nécessaire : « Les mutuelles ont intérêt à trouver des accords pour avoir de plus gros portefeuilles de clients et proposer des offres capables de rivaliser avec la concurrence et le lobbying des groupes assurantiels privés. Au risque, peut-être, d’y perdre un peu de leur âme mutualiste ».

Le rapprochement entre mutuelles présente ainsi de nombreux avantages et est voué à se développer en vertu de l’ « effet boule neige » qu’explique bien Céline Blattner, associée chargée du pôle « prévoyance et santé » au cabinet d’actuaires Actuaris : « Les rapprochements en cours entre les grandes mutuelles inquiètent les plus petites… Elles se disent que si les grandes se rapprochent aussi, elles ne vont pas pouvoir lutter seules, quand bien même certaines d’entre elles auraient préféré rester autonomes ».

4 fusions parmi d’autres

  • MNT et SMACL : Ces 2 mutuelles territoriales ont décidé de développer entre eux "une synergie de compétences et de moyens au service des acteurs du monde territorial". A elles 2, elles représentent un CA de près d’1 milliard d’euros et près de 2000 emplois. « Nous avons beau être la sixième plus grosse mutuelle, seuls, nous n’avons pas les capacités d’investissement suffisantes pour relever tous les défis des dix prochaines années. A moins d’augmenter fortement les cotisations et d’abaisser nos ratios de solvabilité. Il nous faut donc nous allier avec d’autres », résume Jérôme Saddier, directeur général (DG) de la MNT.
  • Harmonie Mutuelle et MGEN : Les 2 plus grandes mutuelles françaises, assurant à elles seules plus de 10 millions de personnes, ont également fait le choix de la fusion comme l’explique Thierry Beaudet, président d’Harmonie Mutuelle : « La MGEN tout comme Harmonie Mutuelle ont déjà chacune de leur côté une certaine expérience du conventionnement. Nous sommes assez sûrs de nos forces respectives. Si nous les réunissons, nous aurons la possibilité de démultiplier ce que nous faisons et ce que nous prévoyons de faire. Pour innover, pour investir, pour créer de nouvelles solutions mutualistes, nous avons en effet besoin de changer d’échelle. ».
  • Adrea, Apreva et EoviMCD  se sont également réunis. A elles 3, elles pèsent 1,7 milliards d’euros de cotisations et 3 millions de personnes protégées. Elles se sont réunies principalement dans le cadre de la réforme « solvabilité 2 » et de l’ANI, comme l’explique Maurice Ronat, président d’EoviMCD : « Notre ambition est de prendre totalement notre place sur le marché de l’ANI et d’être plutôt dans une phase offensive ».
  • Malakoff Médéric et Mutuelle Générale doivent enfin unir leurs forces d’ici janvier 2016. La fusion représenterait 6 millions d’assurés et 4,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Un accord a d’ores et déjà été signé entre Malakoff Médéric, la Mutuelle Générale et la Banque Postale en matière d’assurance santé collective.

 

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