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Les Etats-Unis inaugurent le dépistage du sida à domicile

par Mutuelle.fr

Les Etats-Unis inaugurent le dépistage du sida à domicile

Dépister le virus du sida chez soi est désormais possible de l’autre côté de l’Atlantique. Un progrès qui reste sujet à controverse.

Mardi 3 juillet, la FDA (Agence américaine des médicaments) a autorisé la commercialisation du kit de dépistage du VIH à domicile, développé par le laboratoire OraSure Technologies aux Etats-Unis. Dès octobre 2012, il sera donc possible de se procurer un kit dans les pharmacies et les centres de consultation américains.

Le prix de gros est de 17 $, soit près de 14 €. On peut donc s’attendre à le voir augmenter sous l’effet des marges des commerçants pour les particuliers.

Son utilisation est très simple, il suffit de prélever un échantillon de salive sur les gencives et le résultat attendu est donné dans les 20 à 40 minutes qui suivent.

Selon les estimations, aux Etats-Unis, sur les 1,2 millions d’individus à être infectés par le virus du sida, 240 000 ignoreraient leur séropositivité. Face à ce constat, la FDA cherche, par la diffusion de ce kit, à réduire sensiblement ce nombre. C’est pourquoi la mise en vente devrait être favorisée dans les zones où le taux de contamination est élevé et le taux de dépistage faible. Détecter la maladie plus tôt permettrait en effet de faire baisser la charge virale plus facilement (quantité de virus VIH dans le sang) et ainsi d’empêcher la transmission du virus.

Si au Royaume-Uni, cette démarche est saluée (en septembre 2011, la Chambre des Lords a proposé l’abrogation des lois qui s’opposent au dépistage à domicile), la France semble rester réticente à un instrument ne répondant pas à ses exigences de fiabilité. En effet, actuellement, un résultat positif est fiable à 92% et un résultat négatif, fiable à 99%.

Gilles Pialoux, chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital Tenon de Paris et spécialiste du VIH, interrogé par le journal Le Monde sur la question, souligne que si les 240 000 séropositifs américains ignorant leur état faisaient ce test, 3 800 individus contaminés ne seraient pas dépistés, ce qui, pour les institutions françaises en charge du dossier, constitue un risque trop important. De plus que les tests effectués en 2010 sur le matériel du laboratoire OraSure Tehcnologies à l’hôpital St Louis à Paris, ne jouent pas en la faveur du kit de dépistage à domicile. Celui-ci avait été déclaré non-homologué par les autorités compétentes, au vu des résultats qui affichaient alors une fiabilité effective de seulement 85%.

Par ailleurs, les spécialistes craignent toujours la réaction d’une personne apprenant sa séropositivité chez soi, sans assistance. Si certes, se découvrir séropositif n’implique pas les mêmes conséquences dramatiques qu’il y a vingt ans, un accompagnement médical et psychologique reste indispensable pour le bien-être du malade. C’est pourquoi un système d’assistance téléphonique fonctionnant 24h/24 a été prévu par le fabriquant américain, ce qui a été caractérisé comme un « moyen minimum » à mettre en place.

La FDA reste bien consciente du caractère légitime de ces objections et maintient que le kit de dépistage à domicile reste complémentaire et ne tend absolument pas à se substituer au parcours classique de suivi. Elle a donc estimé que les bénéfices du kit de test à domicile pouvaient pallier notamment ses déficiences de fiabilité. En effet, il s’agit ici d’une banalisation du dépistage qui permet de renforcer l’aspect anonyme de la démarche et d’encourager les personnes à faire ce test.

La mise en application d’une pareille mesure en France n’est pas à exclure dans les années qui viennent, mais sous réserve d’améliorations techniques. Les exigences en termes de fiabilité resteront les mêmes et un système de suivi du patient plus approfondi devrait alors être développé.

 

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