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Le financement des hôpitaux compromis par Moody’s

par Mutuelle.fr

Le financement des hôpitaux compromis par Moody’s

Le 21 juillet dernier, l’agence de notation Moody’s s’est attaquée aux hôpitaux français en dégradant leur note. Les Centres hospitaliers régionaux universitaires (CHRU) tout comme les CHU ont ainsi vu leur note abaissée à BAA1 et ont été placés sous surveillance négative.
Le CHU de Fort-de-France (Martinique), dont la situation financière s’est détériorée très rapidement, a fortement impacté la décision de l’agence de dégrader l’ensemble des Centres hospitaliers français. Moody’s dénonce ainsi le manque de rigueur du contrôle de l’Etat via ses agences régionales de santé (ARS).

Par ailleurs, l’agence de notation s’inquiète du retrait de Dexia, principal opérateur du crédit du secteur hospitalier et médico-social. Aucune banque ne souhaite aujourd’hui prendre la suite pour plusieurs raisons évidentes. Premièrement, elles jugent le secteur hospitalier trop risqué et deuxièmement parce qu’elles doivent elles-mêmes renforcer leurs fonds propres.

Enfin, Moody’s juge insuffisante la réduction du déficit opérée par les hôpitaux, d’autant plus avec un gouvernement souhaitant limiter drastiquement les dépenses de l’Assurance maladie (objectif de réduire les dépenses à 2,7% en 2013 puis 2,5%).

Le délégué général de la Fédération des hôpitaux de France, Gérard Vincent, estime que le déficit du secteur hospitalier a décru de plus de 30% à la fin de l’année 2011 pour passer à 274 millions d’euros. Par ailleurs, il souligne que l’agence de notation ne connaît pas suffisamment bien le fonctionnement des hôpitaux et notamment leur indépendance financière et juridique.

Le déficit des établissements hospitaliers français a augmenté de 15 milliards entre 2001 et 2010 en passant de 9 milliards de dette à 24 milliards. Ce « trou » se justifie par le financement de lourds investissements comme le plan Hôpital en 2007 et 2012.
Aujourd’hui, les hôpitaux ont considérablement ralenti leurs dépenses. Cependant, pour faire face à leur déficit, ils sont maintenant contraints de faire appel au marché obligataire. Leur dégradation est donc une mauvaise nouvelle et risque d’augmenter fortement le coût du crédit.

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