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Pourquoi les médecins libéraux ne veulent pas supprimer les dépassements d’honoraires

par Mutuelle.fr

Pourquoi les médecins libéraux ne veulent pas supprimer les dépassements d’honoraires

Le 25 juillet dernier, s’est ouvert le débat entre l’Assurance Maladie, les syndicats de médecins et les représentants des complémentaires santé. La question qui agite les différents acteurs est la suppression des dépassements d’honoraires excessifs, afin de garantir un accès aux soins pour tous, indépendamment de la situation financière des malades.

La nécessité d’entamer les négociations s’explique par une hausse continue du niveau de dépassements d’honoraires et du nombre de médecins qui choisissent d’exercer en secteur 2. Les patients font ainsi face à des tarifs de consultation de plus en plus importants et sont parfois obligés de restreindre leur consommation en santé, voire de renoncer aux soins. La ministre de la santé, Mme Touraine préconise donc la mise en place d’un contrat avec les médecins spécialisés dans l’objectif de réduire le montant à la charge des malades. De plus, elle assure sa volonté de voir un accord se conclure, sans quoi la création d’une loi à ce propos sera inévitable.

Interrogée sur la question, une sociologue s’intéressant au comportement des médecins depuis plusieurs années tente d’expliquer pourquoi les médecins tiennent tant au maintient du système de dépassements d’honoraires. Ainsi, d’après elle, si aujourd’hui, aucune enquête n’a été menée concernant la motivation qui pousse les médecins à exercer en secteur 2, le discours des syndicats permet de dégager quelques éléments de réponse. Fixer librement leurs honoraires permettrait principalement aux médecins de compenser une certaine dégradation de leurs revenus, de leurs conditions de travail et de la reconnaissance dont ils bénéficient.

De plus, le contrôle exercé par l’Etat sur la profession, par l’intermédiaire de législations comme celle que désire imposer Mme Touraine, n’est pas toujours bien reçu par les jeunes médecins. Ceux-ci ont notamment l’impression que les efforts qu’ils ont pu fournir au cours de leur formation (sévérité des concours, conditions d’internat difficiles…) ne sont pas reconnus à leur juste valeur. Ils craignent, en outre, que les décisions prises pour limiter l’accès au secteur 2 ne se figent dans le temps, sans possibilité d’évolution, comme cela a pu se produire auparavant. Le maintien du fonctionnement des dépassements d’honoraires leur assurerait alors une certaine liberté dans leur activité et une sécurité concernant leurs revenus.

Cependant, les chiffres ne révèlent pas de réelle dégradation de la rémunération, ni de divergence marquée avec l’évolution du salaire des cadres du privé. De plus, il existe une disparité très forte en termes de rétribution entre les différentes activités du secteur médical, ce qui biaise une argumentation unifiant les salaires de la profession. Ainsi, un radiologue peut gagner près de trois fois plus qu’un médecin généraliste, alors que le temps de travail de ce dernier est plus important.

Dans le contexte financier actuel, avec un double objectif de réduction du déficit de la Sécurité sociale et de préservation de l’accès aux soins pour l’ensemble de la population française, les négociations s’annoncent difficiles.

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